La construction d’un budget communal, un casse-tête collectif. En Seine-et-Marne, les collectivités se démènent pour construire leurs budgets. Face aux baisses de dotation de l’Etat, certaines communes se trouvent dans la difficulté… A Bailly-Romainvilliers, c’est dans une ambiance plutôt sereine que les élus se sont concertés. Explications.

Les finances sont-elles saines ? Et bien, oui ! Pour la fin de son mandat, la municipalité se concentre sur des projets portés par la démocratie participative : l’aire de jeux des Alizées, le cani-parc ou même la requalification de la rue des Berges. « Aujourd’hui, le budget de la commune est sain. Il nous permet d’envisager l’avenir de façon sereine. Il nous permet de garder en ligne de mire : un certain nombre de grands projets. » A ses côtés, la commune s’appuie sur des partenaires locaux : la Communauté d’Agglomération, le département, la Région Ile-de-France ou même l’EpaMarne (EpaFrance). « Nous nous efforçons de ne pas dépenser de l’argent lorsque d’autres peuvent payer. L’exemple type, c’est l’arrêt de bus de la piscine. Ce n’est pas une compétence de la commune. L’arrêt de bus, c’est les transports, une compétence de la région. L’arrêt de bus est installé sur une route départementale… Le département. Le foncier est entretenu par Val d’Europe Agglomération. » Dans l’ombre, ce sont pourtant les élus Romainvillersois qui se sont mobilisés… Ils ont assisté à des dizaines de réunions. Dernièrement, les nouveaux aménagements de Bailly-Romainvilliers (le bike park ou même le demi-barreau) n’ont rien coûté à la collectivité.

Anne Gbiorczyk, Maire de Bailly-Romainvilliers, est au micro de Crazy Radio

L’absence de visibilité, une crainte pour les collectivités. Avant de présenter son budget en Conseil Municipal, il y a plusieurs étapes. Les élus doivent en discuter lors des commissions puis lors du rapport d’orientation budgétaire. « Nous veillons à ce qu’une gestion de bon père de famille soit mise en place. On est sur un budget de 17 millions d’euros (entre le fonctionnement et l’investissement). Il n’y a pas une seule petite dépense qui ne soit pas vérifiée (ou qui ne soit pas absolument nécessaire). C’est comme ça que les services sont invités à surveiller leurs budgets. On arrive à terminer l’année 2024 avec un excédent supérieur à celui de 2023. Il a augmenté de pratiquement 500 000 euros ! » Un excédent de plus de 2 millions d’euros a été estimé. « C’est comme ça qu’on termine l’année 2024 avec un endettement qui a baissé. Aujourd’hui, le niveau de la dette par habitant est de 500 euros (certaines communes tournent aux alentours des 700 euros). L’encours de la dette a baissé de 4,3 millions d’euros à 3,9 millions d’euros. » Présenté en février dernier, le rapport d’orientation budgétaire a donné quelques bons indicateurs sur la commune. « Nous sommes en pleine possession de nos moyens pour gérer le fonctionnement et l’investissement. Je rappelle que c’est l’excédent de fonctionnement qui nous donne une capacité à alimenter l’investissement. Nous n’avons pas de ressources propres pour l’investissement. Nous veillons à ce que la solvabilité de la commune soit, ce qu’elle doit être (via des indicateurs financiers). L’endettement que nous avons… Tous les emprunts sont à taux fixe. Nous n’avons pas d’emprunts toxiques. » La finalisation du budget 2025 s’effectue avec prudence et maîtrise.

Les priorités ciblées sur 2025. Considérée comme étant une ville nouvelle, Bailly-Romainvilliers continue à accueillir de nouveaux habitants. En 2040, la population devrait doubler, selon les termes du contrat signé avec Disney. « Nous veillons également à l’entretien des bâtiments. Dans les dépenses, il y a le visible mais il y a tout ce qui n’est pas visible : l’entretien du patrimoine. Aujourd’hui, nous avons un certain nombre de bâtiments qui ont été livrés lors de la première phase de développement en 2012. Nous sommes passés de 900 à 7 200 habitants. Nous le savons, ces bâtiments sont vieillissants. Il faut les entretenir. » Si certains bâtiments consomment beaucoup d’énergie, d’autres doivent subir des travaux (au niveau de la toiture). Dernièrement, la commune avait déjà repris l’éclairage en LED. Un investissement qui tombait à pic ! Pour accueillir les nouveaux arrivants dans de bonnes conditions (et maintenir le niveau du service), la collectivité peut s’appuyer sur des partenaires de taille : les entrepreneurs. « L’opportunité que nous avons, c’est d’accueillir des entreprises. Ces entreprises génèrent des recettes. C’est pratiquement la moitié des recettes fiscales. C’est aussi ça qui nous permet d’envisager l’avenir de façon extrêmement sereine. » Des perspectives qui permettent à la commune de ne pas augmenter les impôts, une promesse de mandat. « C’était un engagement que nous avons pris ! Dès 2020, nous avons baissé le taux communal de la taxe foncière de 12% (5 points). » Malgré les turbulences, la commune a choisi de maintenir les tarifs publics locaux (cantine, centre de loisirs) pour ne pas impacter les foyers.

Anne Gbiorczyk, Maire de Bailly-Romainvilliers, est au micro de Crazy Radio

« Une très grande maîtrise, un très grand suivi, une très grande rigueur. » A Bailly-Romainvilliers, chaque euro dépensé doit être réfléchi. Malgré tout, la collectivité doit faire face aux nouvelles exigences de l’Etat. « Plus de 50% du budget de la commune, c’est ce qui correspond aux salaires. Sans décider de la moindre augmentation ou de la moindre promotion de nos agents… La masse salariale augmente de 6% en 2025, sans augmenter le niveau de service rendu aux habitants. C’est énorme ! » Particulièrement vigilante sur les subventions, la collectivité a choisi de maintenir ou d’augmenter son aide aux associations. Une question persiste… La commune est-elle impactée par la loi de finances votée par l’Etat ? Si certaines collectivités sont touchées par une baisse de dotation… Bailly-Romainvilliers semble épargnée. « A Bailly-Romainvilliers, nous ne touchons pas de dotation globale de fonctionnement. Au fil des années, l’Etat a décidé qu’il ne devait pas subventionner Bailly-Romainvilliers pour son fonctionnement. Le fait que les dotations de l’Etat soient en baisse envers les collectivités locales, ça ne nous impacte pas. » rassure Anne Gbiorczyk.

« On est dans cette logique : pas de dépenses inutiles. Des dépenses utiles aux habitants et réfléchies. » A Bailly-Romainvilliers, l’avenir s’annonce serein. Construit avec prudence, le budget 2025 devrait soutenir les riverains. Malgré quelques perturbations, la municipalité maintient ses engagements : les impôts n’augmenteront pas.